La formation à l'enseignement collégial : quelques réflexions en prolongement de l'avis du Conseil supérieur de l'éducation

Numéro: 

1

Volume: 

15
Lessard, Claude

En mai 2000, le Conseil supérieur de l’éducation a soumis au ministre de l’Éducation un avis intitulé « La formation du personnel enseignant du collégial : un projet collectif enraciné dans le milieu ». Fruit d’une large consultation au sein du milieu collégial (y compris des étudiants), et auprès de celles et de ceux qui s’intéressent au développement des compétences pédagogiques des professeurs de collège, tenant compte des pratiques de formation initiale et continue déjà en place dans le réseau ou au sein des universités, l’avis opte pour une approche à la fois ferme dans ses orientations fondamentales et souple au plan des modalités et des voies de réalisation. C’est ainsi que le Conseil affirme sans ambages la nécessité d’une formation pédagogique pour tous les professeurs du collégial, articulée à partir d’un référentiel de compétences professionnelles. Cette formation doit être obligatoire. Si le Conseil donne à titre d’exemple un référentiel de compétences, il ne suggère aucunement au ministre de l’adopter et de l’imposer aux enseignants du collégial; il souligne que plusieurs référentiels existent, certains ayant été produits au sein même du réseau à qui incombe la responsabilité d’en formuler un qui fasse consensus et qui permette d’asseoir une solide formation. Si le Conseil appelle ainsi le réseau à une appropriation responsable de la formation de son personnel enseignant, il n’en demeure pas moins que la lecture de l’avis donne à penser qu’il opte quant à lui pour un référentiel de compétences congruent avec le modèle du praticien réflexif. Fort bien. Selon le Conseil, cette formation peut prendre diverses formes (modèle consécutif ou intégré, accent sur la formation préalable à la prise de fonction ou accompagnement de celle-ci pendant les premières années de pratique) et varier suivant la durée, le contenu, ou le format. Cette option pour des voies multiples apparaît tout à la fois comme la prise en compte de l’existant; le respect des dynamiques établies ou émergentes, de l’autonomie et des compétences reconnues des agents (par exemple, PERFORMA) ; la reconnaissance de la diversité des besoins de formation au sein du réseau; l’espoir que s’instaure dans le réseau une régulation autonome de l’offre de formation, et que les facultés de sciences de l’éducation, désireuses de contribuer à la formation des enseignants du collégial, professionnalisent véritablement les formations offertes. À juste titre, le Conseil insiste beaucoup sur l’importance de l’insertion professionnelle des nouveaux professeurs, d’un allègement de leur tâche d’enseignement et de diverses formes de mentorat et d’accompagnement, de nature à soutenir les débuts parfois difficiles dans la carrière. À bien des égards, la position du Conseil exprime le « State of the Art » (l’état de la question) en formation des enseignants. Force est de constater que les sciences de l’éducation exercent une certaine influence sur le Conseil. Dans le contexte de cette volonté de développer divers systèmes de formation des enseignants de l’ordre collégial, volonté saluée par les étudiants [...], je voudrais insister sur quelques dimensions de la formation et sur des compétences à mon sens essentielles et à propos desquelles un certain discours pédagogique demeure peut-être trop idéaliste. Je vais exprimer mon propos sous forme de thèses.

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